Je bois à nos amours infirmes
 
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 Ouvre moi...

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Louisa von Zerstörung
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Date d'inscription : 05/07/2015
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MessageSujet: Ouvre moi...   Lun 6 Juil - 22:51

Elle était là, gisante entre les draps, allongée dans sa couche sans dormir, les yeux rivés sur le plafond où chancelait doucement le reflet d'un candélabre. La flammèche dansait, tendant ses bras menus vers l'horizon et les laisse retomber dans un mouvement gracieux. Elle ne cille point, son corps pâle est celui d'une humaine qui a vendu sa raison au profit de sa survie, ses traits sont ceux d'une chasseuse aguerrie, l'oreille tendue aux murmures et aux dires de ses ennemis.



Les Caïnites s'enfuient doucement vers les contrées de Morphée, le soleil peinant encore à arborer ses chauds attributs. Quelques heures auparavant se tenait une grande battue, où Victor s'amusa à sortir une douzaine d'Esclaves. Marchant comme des bâtards, leurs genoux râpaient contre le sol, tandis que leurs lèvres bâillonnées laissaient couler de longs filets de salive. Leurs gorges emprisonnées dans l'étreinte glacée d'une chaîne en acier étouffaient des pleurs, alors que les Vampires riaient aux éclats, leurs coupes remplies de vin et de sang. Le Roi les faisait avancer devant lui comme un Duc sortirai ses lévriers, ses grandes bottes éclaboussant de boue les visages mortels. Sous les traits dissimulés par l'ombre d'un dantesque haut-de-forme se laissait deviner le sourire satisfait de Victor, rayonnant de perfidie et de cruauté. Son torse bombé par l'égo, déambulant au milieu des saules pleureurs, il jetait des ?illades à toutes les buveuses de sang qui avaient eu l'honneur de partager son intimité. Quand une vampire ne lui suffisait pas, le Roi en invitait une autre: il lui suffisait d'ouvrir la porte de ses appartements, déambulant dans le plus simple appareil, pour qu'une horde de femmes pendues à ses charmes se jettent sans plus attendre sur lui. Dieu qu'il aimait ça, sentir des mains sur sa peau, des lèvres autour de sa chair, et maculer de plaisir les formes de ses soumises. Pour rien au monde Victor ne regrettait son humanité. Et il savait qu'après avoir lâché les humains, et observé ses semblables courser leurs proies, il prendrait contre le chêne cette divine Amanda, qui lui lançait des regards affamés en plissant nerveusement l'étoffe de sa robe.



Louisa les avait observé du haut de ses appartements, pendant une heure ou deux, s'amusant à surveiller les nouveaux-venus qui pleuraient au Bon Dieu et tremblaient comme des feuilles mortes. Les vampires fondaient sur eux comme des vautours, déchirant leurs gorges avec une troublante grâce, maculant leurs corsages d'une teinte rougeâtre. Elle s'était endormie avec le chant de leurs lèvres s'abreuvant de sang, bercée par le murmures des dames affamées. C'en était presque devenu un rituel, que d'observer ses semblables périr sous ces orgies macabres. Il s'avérait que cette singulière mortelle n'était plus choquée par les jérémiades et les lamentations, malgré qu'elle ai également connu les geôles du royaume. Plus rien n'avait vraiment d'importance désormais.



L'humaine sortie lentement de sa couche, ébauchant un pas léger hors de la douceur cotonneuse de ses draps. Ses pieds nus rencontrèrent la fraicheur du parquet, et, sans faire de bruit, elle s'approcha de sa commode. La bougie qui y trônait éclaira son visage, et elle jeta un regard en direction du miroir. Ses traits étaient doux et détendus, comme si Louisa avait dormi des heures durant. Or son sommeil était feint, lui permettant de se faufiler à son aise dans les entrailles du royaume.



Quelques poudres colorées, baumes et autres onguents ornaient la tablette de la commode, et une entité inconnue lui dicta que pour cette nuit, aucun fard ne serai nécessaire. Elle serai une nymphe aux yeux d'ébène, l'éternelle tentatrice aux joues d'albâtre. Son seul ornement était la cicatrice ondulante qui marquait son dos depuis trois ans déjà. Sans même prendre le temps d'enfiler des chaussures ni d'ôter sa tenue de nuit, longue étoffe aux teintes pastelles couvrant ses jambes, dévoilant gorge et épaules, Louisa s'engouffra hors de sa chambre.



Le tapis vermeil du couloir étouffait chacun de ses pas, ne laissant derrière elle que le doux froissement de sa légère robe. Ses seins nus se tendaient sous le tissu, l'exposant aux dangers comme jamais encore. Ses bras minces suivaient les gestes de ses reins qui se frayaient un chemin avec élégance. Derrière chaque porte se cachait un vampire, las de ses activités de la veille, exténué par la course offerte par Victor. Le risque demeurait, les effluves de chair humaine virevoltaient autour de Louisa, mais le sourire qui naissait sur ses lèvres ne faisait que grandir, encore et encore... accélérant son pas à chaque porte passée. L'oxygène ravitaillait sa poitrine, un flot d'adrénaline drainait ses membres. Et elle se mit à courir alors qu'un rire cristallin s'enfuyait de ses lèvres. Une démente au sein d'un asile de fous, jouant au chat et à la souris avec les infirmiers...



Quand Louisa arriva aux cachots, c'est à peine si elle frémit. L'humaine semblait avoir omis les mois de son existence où elle avait croupit dans ces geôles, comme les esclaves que Victor avait offert en pâture à ses fidèles. Néanmoins, elle se rappelait d'une nuit passée contre les dalles froides d'une cellule, enfermée suite à ses jeux sensuels. Même qu'elle avait dormi telle un ange, accompagnée par les caresses macabres des rats, seuls compagnons de son infortune. Ils couraient contre ses jambes pour lui rappeler la chaleur d'antan, se blottissaient contre sa chair froide pour la réchauffer. Louisa était devenue leur reine, celle qui sommeillait sans pleurer, celle qui les avait nourri des quelques repas qu'elle reçut, celle qu'ils voulurent protéger de sa tendresse. Car à travers ses souffles, les rats avaient senti cet espoir qui dissimulait toute ses blessures solitaires. Et ils avaient léché ses plaies suintantes pour en hâter la guérison, s'enfuyant à chacun de ses réveils, ne laissant derrière eux qu'une vague ombre de félicité.



Au fond du couloir de la mort, il y avait une porte dont la plupart des vampires ignoraient l'existence. Est-ce utile de préciser qu'aucun humain n'aurai osé s'aventurer dans l'arrière chambre du marché des esclaves? Le Roi se rappelait-il que derrière ses gongs d'acier se cachaient quelques pièces, suintantes de crasse et de poussière? Louisa s'arrêta l'espace d'un instant, sentant une présence étrangère se faufiler entre ses chevilles, preuve que la mortelle s'approchait d'un lieu de non-retour. Dans un mouvement brumeux, un spectre baladeur remonta jusqu'à son visage, et l'observa d'un regard vide. Ses paupières blafardes clignaient avec lenteur, une langue décharnée glissant sur sa lèvre inférieure, dernier vestige d'une vie envolée. Il pencha sa tête sur le côté et murmura dans un soupir las:


Bonsouaaaaaar...


L'humaine ne cilla pas, ses mains posées contre la porte rouillée. Encore un de ces fantômes errants dans les bas-fonds du château, se dit-elle, de ceux qui violent mentalement les esprits des derniers survivants. Il puait la déchéance, la putréfaction la plus avancée, et les déjections animales. Sa verdeur n'avait d'égal que la moiteur des marécages, tant il semblait émaner d'une fange moyenâgeuse.


Je me rappelle bien de touaaaaa... Louisa.


Elle se retourna vers l'ectoplasme, intriguée. Depuis quand était-elle connue du monde de l'au-delà? Sa réputation de tenace gourgandine s'était-elle envolée par delà les murs du château, pour hanter les rumeurs mesquines du royaume de Béhémoth?


J'étais làààà quand tu as vendu ton coooorps au Geôlier du Néant... Quand notre maître Vladiiiis a appelé le Congrès des Défunts pour décider de ton soooooooort...


Louisa éclata de rire, faisant sursauter le cadavre fantomatique. Elle ignorait qu'une horde de spectres prenait plaisir à observer ses malsains ébats, à prendre les paris de celui qui céderai le premier, à lécher leurs babines face au festin de chair s'offrant à leurs yeux. Derrière ce théâtre invisible se cachent des centaines, des milliers de fidèles, tendant leurs membres glacés et riant aux éclats, fiers du privilège de voyeur que leur avait offert Vladis, emprunts d'une jovialité mesquine et mercantile. Cent sous à celui qui arrachera les draps du lit. Deux cent à celui qui s'emparera d'une étoffe tachée de l'innocent sang humain. Cinq cent à celui qui touchera ses hanches du bout de sa langue. Les dès étaient jetés à tout va, les éclats de voix fusaient dans tout les sens, c'était la plus belle orgie jamais vu! Le fantôme jeta un dernier regard à la jeune femme, un brin d'amertume flottant dans sa voix chevrotante et faiblarde.


Il y a une cleeeeef à l'intériiiieuuuur... Laisse moi passer avant toiiiii, je la ferai choiiiiir.


Elle ébaucha un sourire et inclina la tête face au spectre en signe de remerciement. Jamais un semi-mort n'avait fait preuve d'un tel respect à son égard. Y avait-il raison de s'inquiéter? L'infortunée Catin aurai-t-elle s'en retourner? Son esprit ne répondait plus d'aucune logique, et ce depuis ces trois longues années. Son c?ur fragile était le seul qui lui dictait la marche à suivre. Car il la rendait unique, il faisait d'elle La Louisa, Walkyrie des Ténèbres et Survivante des Enfers. Le fantôme ondula au travers de la serrure, poussant de ses restes vaporeux la clef rouillée sur le sol. Un léger tintement se fit entendre de l'autre côté, et la porte s'ouvrit lentement.


Prends soin de toiiiiiii, Louisaaaaa... Ne laisse plus quiconque tenter d'ôter ta fraîcheuuuuur...


L'humaine s'enfonça dans la pièce principale et accéléra le pas en direction du couloir. Les seuls éclats de lumière venait des candélabres négligemment accrochés au mur, lui ouvrant un chemin lumineux hésitant. Alors qu'elle s'éloignait de la porte, elle entendit le spectre murmurer dans un soupir:


Car notre source d'amusements préféréée s'envoleraiiiiiit.


L'excitation commença à faire palpiter la poitrine de Louisa. Ses deux globes de chair se tendaient doucement sous sa robe, pointant vers l'air frais. Un vent hivernal semblait s'immiscer des portes entrebâillées qui s'offraient de chaque côté. Elle compta chacune d'elle. Six, sept, huit... Bientôt la vingt-et-unième serait là, face à ses yeux pétillants d'envie. Les agneaux se mirent à pleurer au fond de son crâne, la suppliant de retourner d'où elle venait, de cette chaude couche qu'elle avait subitement choisi de quitter. Mais l'envie était trop forte, l'adrénaline brûlait son entendement en un ramassis de souvenirs! Le but était proche, la fin était à la portée de Louisa, faisant presque naître des larmes au pourtour de ses paupières.



Vingt et un.



Comme une enfant apeurée, elle posa son oreille contre la porte en bois. Y a-t-il déjà eu un éclat de vie outre cette porte? Est-ce que l'humanité a déjà daigné de poser son regard outre ces gongs? Rien n'est moins certain désormais... alors que la singulière mortelle se faufila dans la pièce.



Et elle le vit, ses épaules nues dépassant des draps blafards. Une faible lueur s'échappe des volets, la lueur de l'aube sort lentement de ses geôles de ténèbres. Sa poitrine parsemée de cicatrices se soulève lentement, sous chacune des respirations qui fait trembler ses poumons fragiles. Louisa s'avance vers Lui, détaillant chacune de ses boursouflures, chaque souvenir d'une guerre d'antan, chaque trace du passé. Et sous ce carcan de souffrance, elle devine sa beauté, la virgule délicate qui orne sa joue pâle. Il est là, glacé comme un défunt, tressaillant comme un divin aliéné. L'humaine sent ses tambours s'emballer, jouer la symphonie des grands malades tel un jour de fête. Et d'un geste élégant, elle remonte les pans de sa robe le long de ses jambes d'ébène, l'étoffe gravit ses hanches et glisse le long de son ventre. D'humeur aventureuse, Louisa laisse ses doigts ramper entre ses cuisses, par delà la dentelle de son dessous. Ils narguent sa chair et se faufilent en elle avec une douceur tentatrice. Un soupir s'échappe de ses lèvres entrouvertes, alors qu'elle cherche au fond d'elle même une réponse, une parole, un souvenir... et en ressort un cran d'arrêt replié sur lui même. La mortelle laisse choir l'étoffe d'entre ses doigts et offre à l'Opinel la caresse de son souffle.



Le métal est chaud, témoignant de la moiteur de sa douce intimité. La lame est vierge de tout meurtre, aussi innocente que le fut Louisa à son arrivée dans le Royaume. Ses pas la rapproche du lit, la distance la séparant de Lui est tellement faible qu'elle pourrait lui trancher la gorge en un geste de la main. Le rasoir brille et se rapproche lentement des lèvres de la mortelle, nargue sa bouche avec sensualité, avant de glisser contre sa langue avec vigueur. La sève rougeâtre tambourine contre la chair, tandis que, dans une lenteur délicate, Louisa pose un genou au creux des draps, approchant son visage innocent de celui du vampire... Son souffle nargue la virgule de sa joue, alors qu'elle murmure dans un dernier soupir, avant de déposer ses lèvres humaines sur les siennes:


Joyeux anniversaire, Veragän...
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